Cantine: à la carte ou au menu?

Le plus grand restaurant de France rouvre ses portes ce midi: la cantine scolaire. Sept millions de repas servis à chaque déjeuner, plus d’un milliard par an. En cette rentrée bizarre, l’organisation de ce moment-clé de la journée des écoles, des collèges, des lycées a suscité moult interrogations, et mobilisé la matière grise de ceux qui le gèrent, du ministère aux communes.
Quitte à faire la mouche du coche (et que les belles âmes me traitent de facho qui veut revenir au temps des hussards noirs), je me demande, moi, si l’on n’aurait pas pu profiter de l’occasion que nous offre la pandémie pour remettre en question certains usages qui semble désormais normaux, incontestables, dans les cantines: je pense notamment au self-service.

Initier, dès le plus jeune âge, les enfants à l’art de pousser un plateau de plastique sur un rail d’inox est-il une obligation absolue? Bien sûr, ce faisant, ils seront adaptés plus tôt à des grands modèles de la restauration moderne, IKEA par exemple. Ne peut-on pas remettre en place un service à table, un plat au milieu ou sur un chariot, et chacun remplit les assiettes de ses camarades à tour de rôle?
On me parlera discipline, et surtout, « liberté de choix », car évidemment la formule que je suggère implique un menu unique pour tous les élèves. Mais franchement, cela ne fait-il pas partie de l’éducation que de dire à un enfant qu’il doit manger ce qu’il y a dans son assiette?
Éducation, diététique (donc Santé publique) et écologie*. Car, dans une société qui se préoccupe, ou fait mine de se préoccuper de lutte contre le gaspillage, il n’est jamais trop tôt d’expliquer que dans la vie, c’est plus souvent au menu qu’à la carte. Non?

*L’occasion aussi de contraindre les gestionnaires cantines scolaires à utiliser prioritairement les produits de l’agriculture locale, bio de préférence. On a de bons exemples en la matière dans toutes les régions de France.

3 réflexions sur “Cantine: à la carte ou au menu?”

  1. Salut Vincent toujours um plaisir de te lire
    Je suis tout à fait d’accord avec toi pour ce qui est de l éducation culinaire de nos bambins à la cantine c’est vrai que l’on pourrait leur laisser la possibilité de servir leur petit camarade,cela développerai peut-être des vocations pour leur futur
    Par contre pour le monde de l entreprise c’est un peu plus compliqué de ne pas passer par la case self service (coûts et personnel oblige).
    En attendant de se revoir un jour à biars sur cere capitale européenne de la confiture 😉
    Je te souhaite bon courage et bonne continuation.

  2. Le respect d’une certaine alimentation saine doit commencer bien tôt. Nous le savons, la plupart des municipalités obtent pour les grands distributeurs (API, Sodexo..) Beaucoup de parents y voient hygiène, équilibre, et sont rassurés de savoir ce que leur gafet va manger dans 10 jours. A l’instar de cette maman qui en discutant m’avoue être contente d’inscrire pour tel date sa fille qui adore les crêpes au jambon/fromage. Un autre parent comme beaucoup s’estime heureux qu’il y ait une cantine. Il y a encore 4 ans, c’étaient les parents qui préparaient la saquette de leur enfant. Mais trop contraignant pour certains, plus aux normes d’hygiène, etc…
    Nous avions réfléchi à la demande de notre commune (2 villages) de servir les repas aux 30/40 enfants le midi. Juste avant l’ouverture de notre petit restaurant. Nous avions établi un prix de repas, en travaillant que du frais et local , bio, dans la même lignée de notre restaurant. Certains élus ont pu nous faire remarquer que l’on serait plus cher que l’API. Devant cette réalité, d’autres questions nous sont parvenues. Au niveau des moyens humains et matériels, qui va servir à table un repas à peu près sain à ces enfants ? De combien de temps disposent les enfants pour manger ? Les employé(e)s de mairie ne sont pas formé(e)s, passant de la voirie à l’assiette. Je ne dénigre pas ce personnel très compétent dans leur activité. Disons que servir une cantine, cela doit s’inscrire dans un projet commun et avec un réel désir ! Que voulons nous pour nos enfants ? Sujets où objets ?
    Nous avons donc renoncé à la demande des mairies. En sachant que nous aurions pu satisfaire un certain nombre de parents et d’enfants.

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